Lorsqu’on parle de désobéissance civile, il faut à tout prix éviter la confusion qui naît lorsqu’on étend le verbe désobéir à toutes les luttes, contestations, résistances ou révoltes qu’on observe dans le monde, mais aussi à chaque refus de se conformer à un ordre, une convention ou une norme (comme celui d’un enfant buté ou d’un individu irascible) voire au fait de commettre une infraction (brûler un feu rouge, frauder dans les transports en commun, mettre à sac un bâtiment administratif, brûler une bibliothèque, etc.). En toute rigueur, la désobéissance civile doit être prise pour ce qu’elle est : une forme d’action politique qui a des caractéristiques bien particulières. Pour le dire de façon amusante, on ne désobéit pas n’importe comment. C’est tout le contraire même.