Les développements technologiques de ces dernières années, en particulier l’accès à l’internet et aux réseaux à haut débit, le Big Data et l’extension des appareils mobiles et autres objets connectés nous ont fait entrer dans l’ère de la 4ème révolution industrielle : la digitalisation. La digitalisation impacte le marché de l’emploi de deux façons distinctes : par l’automatisation des tâches et par le travail via les plateformes d’échange d’information en ligne (internet).
L’automatisation fait référence au remplacement des travailleurs et travailleuses par la machine. Dans le passé, les révolutions technologiques successives ont radicalement transformé (« disrupté ») les modes de production dans l’industrie, avec le développement la machine à vapeur, puis de l’électricité. Ce processus d’automatisation du travail bouleverse aujourd’hui le secteur des services (banques, transport, commerce,…) avec le développement de machines intelligentes et autonomes. Nous ne connaissons pas encore l’ampleur du changement à venir, mais une étude du think tank Bruegel[1] estime que jusqu’à la moitié (50,38% en Belgique et 54%, en moyenne, en Europe) des emplois existants sont en risque de disparition.
La présente fiche d’actualité se penche sur le second phénomène : le travail via les plateformes en ligne. Les enjeux ici sont tout autres. L’économie de plateforme promet de créer de l’emploi par la mise en relation directe entre particuliers, la flexibilité accrue du travail et la promotion de l’entrepreneuriat. Elle pose cependant question quant aux formes d’emploi qu’elle entend développer. Se posant souvent comme économie « collaborative » ou « du partage », ses bénéfices sociétaux sont, en réalité, discutables.
[1] http://bruegel.org/2014/07/chart-of-the-week-54-of-eu-jobs-at-risk-of-computerisation/.