La précarité hydrique en Wallonie : Etat des lieux et pistes de solutions

Le constat est sans appel : la précarité a tout simplement explosé au cours des dix dernières années. Un simple coup d’œil sur les statistiques des Centres publiques d’action sociale (CPAS) suffit à donner le vertige. Depuis 2009, le nombre de bénéficiaires du revenu d’intégration sociale (RIS) a tout simplement explosé, augmentant de 67 %. La hausse est même encore plus marquée en Wallonie, où le nombre de bénéficiaires du RIS n’est pas loin d’avoir doublé.

L’eau est un bien essentiel pour vivre et pouvoir vivre dignement.

Malgré cela, ce n’est que depuis 2010 que les Nations Unies ont consacré le droit à l’eau potable et à l’assainissement comme droit humain fondamental. Plus récemment, elles y ont consacré spécifiquement un de leurs 17 objectifs du développement durable (ODD).

L’OCDE a publié en mai 2020 un important rapport sur son financement et la Commission européenne, dans le cadre du Green Deal, appelle à repenser sa place dans les différentes politiques européennes.

Le Code de l’eau, dans son article 1er, affirme que l’eau fait partie du patrimoine commun de la Région wallonne. Il précise aussi que « toute personne a le droit de disposer d’une eau potable de qualité et en quantité suffisante pour son alimentation, ses besoins domestiques et sa santé. Les prélèvements d’eau et les rejets d’eaux usées qui sont effectués pour l’exercice de ce droit ne peuvent mettre en danger les fonctions naturelles et la pérennité de la ressource. »

Dans la DPR 2019-2024, le gouvernement wallon énonce que « l’eau est un bien vital pour les citoyens dont l’accès doit être garanti à tous. » et fait de la précarité hydrique une préoccupation de la législature en prévoyant que « Le gouvernement utilisera au mieux les moyens du Fonds social de l’eau et permettra à davantage de citoyens d’en bénéficier (notamment pour poursuivre l’amélioration des installations d’eau dans les logements). Il amplifiera l’accompagnement des ménages en difficultés de paiement, en collaboration avec les distributeurs et les CPAS. Les missions des tuteurs énergie seront élargies à l’eau. Le placement de limiteurs de débit de l’eau ne sera autorisé qu’après avis du CPAS. Ces mesures ont comme objectif d’éviter les coupures d’eau, prévenir la limitation de débit et assurer une fourniture minimale. »

Le maintien du secteur de l’eau dans la sphère publique est, selon nous, le garant principal de la conservation de ce patrimoine commun et de l’accès universel à cette ressource vitale. Ce secteur ne peut donc faire l’objet d’aucune marchandisation, comme c’est le cas actuellement dans le secteur énergétique, libéralisé et soumis à la loi du marché et ses dérives.