Généralement, le métier du musicien est plus perçu comme un loisir qu’une profession contraignante. Difficile dès lors pour lui de jouir de la protection de la loi relative au bien- être des travailleurs et de faire reconnaître les risques du métier sur sa santé.
Des études médicales commencent à s’intéresser aux pathologies professionnelles physiques et psychiques car le rapport psychologique du musicien à la musique et à lui-même est complexe. Le niveau d’exigence qu’il s’impose dans une quête d’absolu artistique provoque un déni préjudiciable interagissant avec ces pathologies. La pression de la concurrence et la précarité du secteur amplifient le phénomène.
C’est par une (re)connaissance et une conscientisation de ces conséquences sanitaires qu’il pourra les assumer sans tabou ni déni. Ce processus collectif nécessaire permettra à la profession de revendiquer et militer solidairement pour de meilleures conditions de travail auprès des employeurs.
Son aliénation profondément ambiguë, paradoxale, voire baroque, est mise en lumière par le double sens du mot passion. Communément, il évoque positivement la relation irrationnelle et fusionnelle du musicien envers son art. Mais son étymologie renvoie à la souffrance, au calvaire – d’ailleurs toujours utilisés au sens religieux – souffrance dans laquelle il semble souvent s’engouffrer inconsciemment de manière presque mystique.