Et si les salariés refusaient d’être expropriés de la définition de leur propre futur ? Dans cette perspective, il apparait essentiel d’affirmer leur pleine légitimité à dire ce qui se joue au travail et le caractère éminemment politique de cette connaissance pratique. Cette dernière dessine les contours d’une « critique populaire de l’exploitation ». Elle s’accompagne de pratiques de résistance dans lesquelles des tentatives de réappropriation des finalités du travail sont expérimentées et des perspectives d’émancipation sont élaborées[1].
[1] C’est précisément en partant de la parole des salariés que des éléments d’analyse sur les transformations du travail seront abordées et que des perspectives émancipatrices seront dessinées. C’est la démarche développée dans Nicolas Latteur, Critique populaire de l’exploitation. Ce que devient le travail, Le Bord de l’eau, 2023. Basée sur une centaine d’entretiens réalisés auprès de salariés de France et de Belgique, l’ouvrage explore les transformations du capitalisme, les conditions de travail dans les métiers du Care et de la reproduction sociale ainsi que les résistances qui se construisent. Les différentes expériences dont il est question dans le texte y sont développées.