Philippe Delerm est né en 1950. Après des études de lettres, il enseigne en Normandie, où il vit depuis 1975. Il a reçu le prix Alain-Fournier 1990 pour « Autumn », le prix Grandgousier 1997 pour « La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules », le prix des Libraires 1997 et le prix national des Bibliothécaires 1997 pour « Sundborn ou les jours de lumière ».

Depuis la parution de « La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules », Philippe Delerm est considéré comme « l’auteur du quotidien ». « La bulle de Tiepolo » entre tout à fait dans cette définition car il s’y efforce de retenir l’insaisissable du temps et d’en garder ses instants les plus purs.

Les deux protagonistes de ce court et dense roman sont un homme mûr, Antoine, et une jeune Italienne de Venise, Ornella. Ils se rencontrent à Paris où elle s’est rendue pour le lancement de la traduction de son premier roman qui remporte un certain succès. Ces deux êtres déchirés par la vie s’intéressent au tableau d’un inconnu entrevu dans une brocante et en viennent vite à parler de deux peintres beaucoup plus connus : Vuillard et Giandomenico Tiepolo. Ils parleront aussi de littérature, d’une Venise très différente de celle que connaissent les touristes pressés, de leurs problèmes, de leur désir de retrouver une vraie vie délivrée de ce mal être qui les habite.

Comme c’est toujours le cas chez Philippe Delerm, son court roman est écrit dans une langue magnifique et figure parmi ses plus belles réussites.
Pour vous donner une idée, voici un extrait sur la découverte du tableau de Tiepolo : « Toute une foule, vue de dos ou de profil, assistant à un spectacle invisible. Au loin, la mer. Une facture surprenante. Des personnages saisis dans des attitudes familières au cours d’une scène publique. Mais le vrai secret, c’était le personnage grimpé sur un tabouret et qui tient à la main une longue badine, ou une espèce de perche, dont l’extrémité atteint le centre de la scène. Quel sens donner à son geste ? »