Une autre Amérique dévoilée par Howard Zinn défile sous nos yeux. Des histoires peu connues, comme celles du 1er Mai, surgissent du montage d’Olivier Azam et Daniel Mermet. Des personnages de légende comme Emma Goldman et Mother Jones, leur musique, leurs photos et même leurs films nous racontent une autre histoire de l’Amérique. Celle des pauvres immigrés quittant l’Europe pour la terre promise de la liberté. Avec Chaplin-Charlot, le cinéma a déjà l’Homère de cette Amérique. Comme l’auteur de l’Histoire populaire des Etats-Unis, les réalisateurs du film retrouvent la grande dépossession des Indiens d’Amérique, le pillage colonial, la spéculation sur les terres, les fortunes colossales issues de cette rapine.
La violence de l’esclavage au Sud confrontée à la violence de l’esclavage salarié du Nord dressent un portrait sans complaisance du capitalisme américain du début du XXème siècle et de sa frénésie de profit. Les images de cette guerre, les traces de ces luttes encore vivantes dans les mémoires des syndicalistes se superposent aux images du grand récit hollywoodien. Lieux de mémoire, interviews de syndicalistes et de chercheurs, photos, chansons, films issus de très nombreux fonds d’archives contribuent à une construction originale inspirée par l’histoire américaine et sa grande œuvre sans être une adaptation. Essai d’histoire par le cinéma, Zinn, une histoire populaire américaine n’en est qu’au premier chapitre : Le pain et les roses. Découvrir cette fin du XIXème siècle jusqu’à la Première Guerre mondiale, c’est se hâter de réclamer la suite.