Face aux difficultés d’embauche dans certains métiers, la droite et le patronat ne cessent de stigmatiser les demandeuses et demandeurs d’emploi : pas assez volontaires, pas assez motivés, pas bien formés…

Leur solution : davantage de contrôles et de sanctions !

Pourtant, à y regarder de plus près, ce ne sont pas les sans emploi qui manquent de motivation… Mais bien les entreprises !

La Cellule de lutte contre les discriminations de la FGTB wallonne et du CEPAG a analysé pas moins de 2.639 offres d’emploi publiées sur le site du Forem portant sur 14 fonctions critiques ou en pénurie.

Résultat ?

On constate un profond déséquilibre entre exigences des employeurs et les conditions de travail proposées. Pour des emplois tant recherchés et des exigences si pointues, la contrepartie patronale n’est clairement pas à la hauteur… Quelques exemples ?

On ne peut, dans le même temps, exiger une personne surqualifiée, motorisée, expérimentée et opérationnelle tout de suite ; ne proposer en contrepartie que des contrats précaires, des régimes flexibles et des salaires au rabais ; et venir ensuite se plaindre de manquer de personnel !

Cela n’empêche pas le MR de réclamer davantage de sanctions contre les sans-emploi ou de voir le travail obligatoire (dit « service communautaire ») d’être instauré en Flandre. Depuis 2015, la limitation dans le temps des allocations d’insertion a entraîné l’exclusion de 55.000 personnes, dont près de 35.000 en Wallonie (et une majorité de femmes)… Et, en 15 ans, les contrôles de disponibilité ont entraîné plus de 550.000 sanctions et exclusions, dont 300.000 en Wallonie. Pourtant, le nombre d’emplois non pourvus reste constant. La preuve de l’inefficacité des politiques d’exclusion mises en œuvre par le fédéral : la technique du bâton ne fonctionne pas…

C’est au contraire sur les incitants et le renforcement des conditions d’attractivité qu’il faut travailler pour sortir réellement les demandeuses et demandeurs d’emploi de la précarité et tendre vers plus de prospérité générale.