Assurance chômage : une protection en voie de disparition ?

L’assurance chômage a subi de nombreuses attaques depuis l’instauration des contrôles de disponibilité en 2004. C’est en particulier sur la dernière décennie que le plus grand nombre de mesures de restrictions et suppressions de droits ont été prises : dégressivité accrue des allocations de chômage, limitation dans le temps des allocations d’insertion, restrictions d’accès aux RCC (ex-prépensions) et allocations d’insertion, suppression de compléments et dérogations diverses, renforcement des contrôles et sanctions, etc.

Les effets combinés de ces différentes mesures ont entraîné de profonds bouleversements :

  • une baisse drastique du nombre de demandeuses et demandeurs d’emploi indemnisés ;
  • une hausse du nombre de celles et ceux qui ne sont pas indemnisées par l’ONEM ;
  • au niveau wallon, le ratio demandeurs d’emploi indemnisés vs. non indemnisés est passé de 80 % – 20 % à 60 % – 40 % en moins de 10 ans ! A Bruxelles, par contre, la proportion de sans emploi indemnisés dépasse encore les 70 %.
  • si la tendance actuelle se poursuit, il y aura d’ici 2026, plus de chômeuses et chômeurs wallons non indemnisés qu’indemnisés ;
  • le nombre de bénéficiaires du revenu d’intégration sociale (RIS) a explosé.

Comme si cela ne suffisait pas, et malgré l’inefficacité avérée des politiques d’exclusion, la limitation des allocations de chômage dans le temps est préconisée par plusieurs partis, la plupart d’entre eux en faisant même un incontournable des futures négociations gouvernementales. Si une telle mesure devait être mise en place, elle aboutirait, ni plus ni moins, à la quasi extinction du chômage indemnisé et à une nouvelle explosion du nombre de bénéficiaires du RIS.

Sans aborder l’angle de son inefficacité prévisible, déjà traitée en avril, cette mesure sera ici évaluée à l’aune de ses conséquences sociales et de son impact sur les CPAS wallons.