Bruxelles est confrontée depuis une longue période à une crise de l’accès au logement accessible générée par un coût et une croissance des prix du logement trop importante par rapport au niveau moyen des salaires et allocations sociales, en particulier pour les plus petits surfaces. Une partie importante et croissante de la population bruxelloise rencontre aujourd’hui une difficulté majeure pour se loger de façon décente.
Ce phénomène est reconnu par les pouvoirs publics. Le « Plan d’urgence pour le logement » adopté par le Gouvernement bruxellois en 2021 a ainsi rappelé que « 40 % des ménages bruxellois les moins nantis n’ont accès qu’à 10 % du marché locatif. Un ménage bruxellois qui gagne entre 1.500 et 2.000 € par mois aura accès à moins de 13 % du parc locatif total
», que la part du budget des ménages consacrée aux loyers connaît une forte augmentation, que 50.000 ménages figure sur la liste d’attente du logement social et que 50 % des ménages bruxellois sont dans les conditions pour obtenir un tel logement.
La crise de l’accessibilité du logement se manifeste par de nombreux indicateurs. Environ 25 % des ménages bruxellois déclarent vivre dans un logement « inadéquat » (présentant des fuites de toiture, des problèmes d’humidité ou de pourriture dans les châssis ou les sols). 26 % des Bruxellois déclarent vivre dans un logement surpeuplé, un taux beaucoup plus élevé que dans les autres Régions du pays.