Chômage : de quoi l’exclusion est-elle le nom?

Comme l’a montré une récente analyse du CEPAG, de nombreux préjugés, approximations et mensonges sont véhiculés par la droite et le patronat sur l’assurance chômage. Leur objectif est clairement de justifier les politiques d’exclusion qu’ils préconisent et/ou mettent en place.

Aujourd’hui, un front se dessine clairement pour mettre la limitation des allocations de chômage dans le temps à l’agenda politique. Autrefois limitée aux franges les plus à droite de l’échiquier politique, cette revendication s’est peu à peu propagée au sein d’autres partis. Pas une semaine sans qu’un ou une responsable politique ne se prononce pour une limitation à 2 ou 3 ans des allocations, voire à leur régionalisation une fois passé ce délai.

Il est pourtant maintenant avéré que l’ensemble des mesures de détricotage de l’assurance chômage mises en place depuis 10 ans ont toutes en commun leur inefficacité. UCL, ONEM, IRES, FOREM, OCDE… de nombreuses institutions se sont penchées sur les conséquences de la dégressivité accrue des allocations, des sanctions et exclusions, de la limitation dans le temps des allocations d’insertion ou des restrictions d’accès à ce système. Et leurs conclusions sont sans appel : les exclusions et la précarisation, ça ne marche pas ! Ces politiques n’ont en effet aucun résultat positif sur la remise à l’emploi, à la formation ou sur le taux d’emploi global.

L’objet de cette note n’est pas d’analyser les conséquences sociales de ces mesures ou de porter un jugement moral. Ce texte reprendra et mettra en évidence les conclusions des différentes études citées ci-dessus, qui ont analysé ces politiques sous le seul angle de leur efficacité.

Il ne s’agira donc pas spécifiquement de réfuter les propositions libérales sur le fond mais bien de remettre en question les soi-disant bases argumentatives fondant leur discours. Afin de pouvoir se pencher sur ce qui motive réellement ces mesures. Et de voir de quoi l’exclusion est le nom.