Né après 493 jours d’une gestation pour le moins compliquée, le gouvernement fédéral belge est un bébé bizarre. Possédant pas moins de sept têtes, il est mû par des peurs contradictoires. Les têtes néerlandophones du gouvernement (que sont l’OPEN VLD, le CD&V, le SP.A et GROEN) redoutent avant tout les fièvres délirantes électorales du nord du pays, poussant davantage à chaque scrutin l’ultralibéralisme, le séparatisme mais aussi la haine et la xénophobie d’extrême-droite. Quant aux têtes francophones (que sont le PS, le MR et ECOLO), elles redoutent un ras-le-bol et un désespoir populaires qui se traduisent par les succès électoraux du PTB, un parti brandissant des mots – tels que « lutte des classes » ou « anticapitalisme » – que beaucoup pensaient et espéraient avoir enterrés au fond du jardin des idées désuètes.(…)