Le 13 octobre 2025, la Banque nationale de Belgique (BNB) a publié un rapport qui a fait couler beaucoup d’encre. Il révèle que les aides publiques aux entreprises ont atteint 25,1 milliards d’euros en 2024. Un montant important, surtout à l’heure où le gouvernement agite le spectre de la faillite et répète qu’il faut trouver des milliards d’euros d’économies supplémentaires. Mais ce rapport interpelle aussi car il arrive quelques mois après une autre étude d’ampleur sur le sujet qui, elle, évalue le montant des aides publiques aux entreprises privées lucratives à 54 milliards d’euros en 2023. Qui a raison ? Comment expliquer un écart qui va du simple au double ?
Nous prendrons d’abord le temps de comprendre les deux rapports et comment leurs données ont été calculées, afin d’identifier les éléments qui expliquent la divergence de résultats. Nous verrons ensuite que ces dispositifs d’aides massives au secteur privé ne se limitent pas à la seule Belgique. En France, une commission d’enquête sénatoriale a révélé l’ampleur des aides publiques versées aux entreprises : 211 milliards d’euros à travers plus de 2.500 dispositifs différents, sans transparence ni conditionnalité. Ces différents rapports mettent en lumière les sommes colossales en jeu et pointent deux sérieux problèmes : un manque de transparence dans la gestion de ces dispositifs et l’inefficacité de plusieurs d’entre eux.