La réduction collective du temps de travail: un peu d’histoire

La réduction collective du temps de travail (RCTT) est une revendication historique du mouvement ouvrier. Elle plonge ses racines dans les prémisses des luttes ouvrières. Depuis plus d’un siècle et demi, la RCTT a été le moteur de l’émancipation des travailleurs et plus globalement du progrès social et économique en Belgique.  

Est-ce pour autant une revendication qui appartient au passé et qui est aujourd’hui dépassée ? Nombreux sont ceux qui l’affirment, y compris parmi les travailleurs.

Pourtant, la question du temps de travail traverse les siècles en se maintenant au cœur du travail. Le monde patronal est en pleinement conscient. Pas une semaine ne passe sans que la FEB (Fédération des entreprises belges) ne remette en cause l’âge de la pension, de la prépension, ne dénonce l’absentéisme ou exige davantage de flexibilité. Retracer l’histoire de la RCTT est le passage obligé pour repasser à l’offensive et repenser une action émancipatrice pour les travailleurs.

Cette note a pour objectif de rappeler que le temps de travail est un fait historique total. Penser le temps, et singulièrement le temps de travail, dans une société capitaliste, c’est se questionner sur la place de l’homme dans son rapport au monde. Le temps de travail est devenu central, déterminant.  A bien des égards, il conditionne l’accès aux autres temps sociaux.  Être exclu, totalement ou partiellement, du temps du travail équivaut pour beaucoup à être exclu, totalement ou partiellement, de la société, de perdre son temps.  On comprend mieux pourquoi la maîtrise de la question du temps de travail constitue un enjeu sociétal primordial.