Wokisme : panique morale

par
Benjamin Vandevandel

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Il est impossible d’être passé, depuis les 5 dernières années, à côté du terme « woke » et de ses dérivés. Utilisé jusqu’à la nausée dans l’espace médiatique et politique depuis 2020, cette notion semble regrouper pour ses détracteurs l’ensemble des dangers qu’encourent la civilisation occidentale, l’esprit des Lumières et l’universalisme.
La définition du mot « woke », qui a fait son entrée dans le dictionnaire Robert en 2023, laisse pourtant penser tout le contraire d’une attaque mettant en péril la civilisation. Le Petit Robert définit un woke comme un individu « qui est conscient et offensé des injustices et des discriminations subies par les minorités et se mobilise pour les combattre ».
Cette définition nous renvoie à notre propre histoire sociale, aux luttes ouvrières, aux mouvements d’émancipation des femmes ou encore aux actuelles luttes des communautés LGBTQIA+, ensemble de luttes composant plus d’un siècle de combats qui ont abouti à l’obtention de l’enseignement gratuit et obligatoire, au droit de vote universel, à la sécurité sociale, au droit à se syndiquer, à l’adoption d’enfants par les couples de même sexe … Bref à l’ensemble de conquis sociaux et sociétaux que nous connaissons aujourd’hui et qui sont régulièrement mis à mal.
Le Petit Robert complète sa définition en précisant que le militant woke combattrait parfois « de manière intransigeante » et que le terme deviendrait alors « péjoratif », utilisé « par dénigrement ». Comment peut-on être qualifié d’« intransigeant » lorsqu’il s’agit de lutter contre les discriminations ? C’est ce que nous allons tenter de comprendre.